mercredi , décembre 12 2018
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Tshilombo entre le marteau et l’enclume

A la dernière nouvelle, l’Udps présentera sa liste des candidats à la députation provinciale. Cette décision est un revirement. Car, l’Udps avait déclaré, au lendemain de la convocation du corps électoral, qu’il ne présentera pas des candidats afin de ne pas accompagner, selon ce parti politique, un processus électoral biaisé d’avance.  Et il a posé certaines conditions dont, le retrait de la machine à voter, le nettoyage du fichier électoral, sans oublier la liste des partis politiques retenus pour concourir aux prochaines élections.

Avant que le soleil ne soit couché, l’Udps a changé de position. Il présentera la liste de ses candidats en attendant que « ses ordres » soient suivis par la Ceni. Peut-être une façon d’endormir ceux qui n’aspirent qu’à se porter candidats. Les anciens députés par exemple, qui pourraient y voir un mauvais présage. Car, s’il n’y a pas des listes à la députation provinciale, il n’y en aura pas à la députation nationale.

Le contraire nous étonnerait. L’Udps n’a pas de choix. Ses dirigeants ont commencé à comprendre qu’ils agassent désormais tout le monde, même là où on avait une oreille attentive à leurs répétitives revendications. Au fur et à mesure que tout le monde découvre la machine à voter, les revendications de l’opposition deviennent une posture sans vrai contenu politique. On assiste à un vrai gène. On n’écoute les dirigeants de l’Udps que parce qu’on se gène de leur dire en face « cessez de nous distraire, allez aux élections ».

A l’Udps, comme ailleurs à l’opposition, on semble avoir compris que les carottes sont définitivement cuites. La seule option, c’est d’aller aux élections sans se donner le pouvoir organisateur des élections, au point de décider comment voter.

Le dernier sprint ?

Les manœuvres pour retarder les échéances électorales ont montré leurs limites. Et la dernière stratégie, on la connaît. C’est de dire demain au peuple congolais : « nous avons tout fait pour que la Ceni retire la machine à voter. Mais, nous n’avons pas été entendus. Ce qui reste, c’est de battre le pouvoir en place dans les urnes, malgré la machine à voter ». Avec ce dernier sprint, l’Udps, voire le reste de l’opposition anti-machine à voter, on croit mobiliser et détourner les électeurs des autres candidats, ceux de la majorité au pouvoir. Un vrai geste de désespoir, une preuve de plus que la démagogie, le mensonge, ne gagne pas à tous les coups.

On ne voit pas comment la machine dite à tricher pourra du jour au lendemain être succeptible de garantir la victoire de l’opposition. En termes clairs, comment la machine à tricher va changer avec cet appel final et tardif aux électeurs ?

Cela ressemble bien au lièvre qui passe son temps dans la distraction avant de courir comme un train, mais pour rater la course. C’est comme la cigale qui passe l’été à chanter pour n’avoir rien à manger pendant l’hiver.

En moins de cinq mois, il y aura les élections. L’Udps balance encore. Le calendrier électoral s’exécute chaque jour. Le chien aboie, la caravane passe. Demain ce sera la proclamation des résultats. Ceux qui auront semé le vent, récolteront la tempête.

 Aller droit à l’échec ou préparer la contestation

Beaucoup de partis politiques pensent qu’au lieu de s’investir demain dans la contestation, mieux vaudrait jeter l’éponge. C’est le côté admirable du réalisme de Valentin Mubake et l’Udps/le peuple. Ce dont on est incapable à l’Udps/Limete. Alors que personne ne donne à Tshilombo et son parti politique, pas plus qu’une dizaine de députés, en cas de participation aux prochaines, élections, on continue à faire croire aux militants que l’Udps serait capable de gagner à tous les niveaux. Une façon de refermer sur soi son propre piège.  L’argument qui sera utilisé pour aller aux élections sans que la machine à voter ait été retirée, ne pourra convaincre personne. Si par honte de se dédire,  Tshilombo et ses amis allaient jusqu’au bout de la logique du boycott des élections, ce sera la fête ailleurs. Un vrai boulevard pour l’Udps/Fcc. Tous ceux qui n’aspirent pas à faire carrière dans l’opposition, vont suivre le courant. Et Tshibala avec ses collaborateurs ne trouveront mieux qu’à leur ouvrir largement les bras. Si ceux qui avaient été élus grâce au « munyere » de Tshisekedi avaient refusé de lui obéir, on ne voit pas comment, ces députés du groupe parlementaire qui ont rejoint Tshilombo dans l’espoir de revenir au parlement, vont obéir pour ne pas aller aux élections sur ordre de Tshilombo. Obéir  pour s’ouvrir cinq bonnes années entières dans l’opposition ! Ils ne pourront pas non plus tenter l’aventure comme indépendants. Personne de sensé ne peut , par le temps qui coure, affronter le « seuil » comme indépendant. Enfin, plus que l’Udps/Tshilimbo traine à se prononcer, plus les chances de se trouver un nouvel abri politique s’amenuisent pour les candidats députés. Les nouveaux venus dans l’arène comme les anciens élus du groupe parlementaire Udps.

Si donc Tshilombo ne décide pas d’être à l’écoute des ambitions qui l’entourent, il devra se préparer à une course solitaire. Car, ils vont tous le quitter comme des oiseaux au moindre bruit effrayant. Pour ces députés, mieux vaudrait être des membres d’un groupe parlementaire de l’opposition que des opposants sans boulot, tirant le diable par la queue, pour avoir cru que Tshilombo pourrait leur donner une majorité parlementaire en plus de la majorité présidentielle.  Tshilombo est donc, face à l’échec qui l’attend le 23 décembre prochain, savoir choisir le moindre mal est un acte de sagesse. Et le moindre mal dans ce  cas, c’est d’affronter l’échec en allant aux élections le 23 décembre prochain.

Shaah G

             

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