mercredi , décembre 12 2018
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Réagissant au message du Chef de l’Etat, l’opposition fait un débat des caniveaux

Quand dans le noir, un chien aboie, on a l’impression qu’il chercherait à faire peur. Et pourtant, en réalité, c’est lui qui a peur. Par ses aboiements, il croit éviter le danger. Les Français ont vu juste lorsqu’ils disent que « chien qui aboie ne mord pas ». C’est justement le cas de l’’opposition politique congolaise. Plus d’une fois, dans la position d’un chien devant parfois sa propre ombre ou devant la caravane, l’opposition congolaise a aboyé. Non seulement la caravane passait allègrement son chemin, mais aussi et surtout, il est arrivé, plus d’une fois, que la caravane écrase le chien.

Plus d’une fois, l’opposition politique a menacé la majorité au pouvoir, plus d’une fois, c’est elle qui a été mise out. Pour ne pas remonter jusqu’au dialogue intercongolais de Sun City, on se souvient du « carton jaune » brandit par le leader de l’Udps après son retour en fanfare au pays. Le carton rouge ne viendra jamais. Le dialogue de la Cenco détourné par les Evêque de son sens, était voulu un vrai Canossa pour la majorité au pouvoir. On sait ce qui en est sorti. La détresse pour cette opposition. Comme si cela ne suffisait pas, avec l’aide de l’Eglise catholique de Kinshasa, cette opposition avait décrété la fin de tout le 31 décembre 2017 afin d’inaugurer une transition sans Kabila. Il ne reste de cette transition qu’un souvenir amer, notamment celui de quelques destructions, notamment des vies humaines. Ne tirant aucune leçon de ses échecs – malheureusement, échecs que cette opposition aligne comme des victoires, exactement comme le clown qui réussit lorsqu’il échoue – l’opposition promet d’autres malheurs sur la Rdc, particulièrement sur le processus électoral. Après le Clc, le collectif des professeurs d’universités, ne représentant que leurs propres ombres, c’est le tour de l’opposition politique de faire du neuf avec du vieux. A propos de cette opposition, on constate que le « Rassemblement présenté hier comme un épouvantail pour la majorité au pouvoir, a disparu,sans bilan, comme des grains de sel dans l’océan. La preuve, c’est que, les parties du puzzle, dans un semblant d’unité, ont signé chacun pour soi. Faut-il cette fois, croire à cette opposition ? Faut-il en avoir peur au point de céder à tous ses caprices. Faut-il arrêter le processus électoral, revenir vers cette opposition, lui donner la possibilité rêvée d’être aux affaires avant d’aller aux élections ?

Quelques préalables

Pour croire à cette opposition et lui accorder une moindre crédibilité, il y a des choses qu’il faut non seulement se mettre en tête, mais y croire comme des vérités absolues.

La première chose, c’est que, lorsque cette opposition parle, agit, promet, elle se présente comme « souveraine ». Pour se donner à elle-même cette impression de souveraineté, elle dit à qui veut l’entendre qu’elle agit au nom du peuple, si elle ne se considère pas comme étant elle-même le peuple. Si vous ne croyez pas à tout ce qui vient d’être dit, n’ayez pas peur de l’opposition et ne croyez pas en elle.

L’autre couleuvre que cette opposition fait avaler aux Congolais et à une certaine communauté internationale, c’est que, quand l’opposition refuse la machine à voter, rejette le fichier électoral, cela doit être considéré comme une volonté nationale.

Car, estime-t-elle, en face d’elle, c’est le vide. Le pouvoir en place,selon cette opposition, n’aurait de mission que d’obéir à l’opposition. Ce qui est valable pour le pouvoir en place, l’est aussi pour la majorité réunie au sein de la Mp. Tous les partis politiques de ce regroupement n’auraient, selon l’opposition, aucun droit. On dirait comme sous le Mpr, on serait en face d’une « opposition la congolaise organisée politiquement ». Et on subirait le rôle dirigeant de l’opposition. La notion de majorité n’existe pas pour cette opposion qui croit avoir raison en tout et pour tout. La majorité, aux yeux de l’opposition, c’est l’opposition, la majorité, c’est la minorité. Croyez-vous en cela ? Si vous n’êtes pas ridicule pour y croire, alors, n’ayez pas peur de cette opposition.

Une déclaration-agitation

« L’opposition-parti-Etat » a appelé le 23 juillet dernier à « mettre fin à la passion criminelle ». Elle croyait ainsi répondre au Chef de l’Etat, Joseph Kabila qui, dans son message devant le Congès, avait dit qu’il ne dira pas « compenez mon émotion », mais, il dira plutôt « comprenez ma passion pour le Congo ». Ne peut comprendre la nuance dans cette déclaration que celui qui a la passion pour le Congo. On est malheureusement en face d’une opposition qui n’a de passion, de passion aveuglante, que pour le pouvoir, que la communauté internationale. Ainsi donc, pour le pouvoir, elle peut mettre le pays à feu et à sang ou qui, pour le pouvoir, elle  peut hypothéquer la souveraineté nationale. C’est ce qui sous-tend la dernière déclaration de l’opposition. Elle ne pouvait pas comprendre que pour celui qui a la passion pour le Congo, son sort particulier n’est pas la priorité des priorités. Pour celui qui a la ssion pour le Congo, tout ce qui peut nuire au pays n’a pas de place. C’est l’application de « ne jamais trahir le Congo ». C’est le contraire qu’on observe dans le chef de cette opposition qui crie haut et fort et pour la enième fois, de recourir à l’article 64 de la Constitution. Et l’opposition pense que cet article de la Constitution serait son apanage. Par conséquent, la majorité ne peut pas y recourir, ne peut pas s’en prévaloir, notamment pour faire échec à tout groupe d’individus qui chercheraient à prndre le pouvoir par la forrce.

De même l’opposition a promis de faire échec au processus électoral qui, pour elle, serait, avant même de commencer, non transparent, libre et démocratique. Donc, pour que le processus électoral soit transparent, il doit prendre en compte les exigeances de l’opposition quelles qu’elles soient. L’opposition qui a une boule de cristal, sait d’avance que le 23 décembre, il y aura fraude.

Du bric-à-brac politique

Manipulatrice, l’opposition, faute d’arguments cohérents, fait ce qui est devenu courant dans le débat politique : « des raccordements frauduleux ». Ainsi donc, l’éclatement de la Cour suprême de justice, revendication séculaire de l’opposition et exigence constitutionnelle, devient une instrumentalisation de cette institution. Voudrait-on, que l’opposition participe à la nomination des magistrats et même des officiers militaires ? Le Chef de l’Etat, pour l’avoir fait « unilatéralement », instrumentaliserait ces institutions en prévision des fraudes électorales ! C’est ce que prétend l’opposition dans sa déclaration : « Ce discours confirme que M. Kabila est indubitablement dans la logique de coup de force, après avoir instrumentalisé toutes les institutions de la République, procédé à une mise en place frauduleuse des membres de la Cour constitutionnelle et confié le commandement des Forces armées de la RDC et de la police nationale à des officiers généraux visés par des sanctions internationales pour abus et atteintes aux droits de l’homme ».

Pourquoi tel raccordement frauduleux de la façon la plus enfantine possible ? La réponse est simple. D’une part, les populistes ne recourent  presque jamais aux idées intelligibles. D’autre part, il est question d’attirer la sympathie de ceux qui avaient pris des sanctions contre certains dirigeants congolais. Une façon de dire aux occidentaux que nous l’opposition congolaise, nous serons à genoux devant vous pour éviter des sanctions, occidentales. La déclaration de l’opposition ne nous étonne pas. C’est plutôt le contraire qui étonnerait. Car, que ce soit aux Usa qu’à l’Union européenne, ces sanctions étaient voulues comme une béquille politique à l’opposition congolaise. Dans la compréhension de l’opposition, la décrispation, l’apaisement, c’est un droit pour elle et un devoir pour la majorité. Elle n’aurait donc aucune part de responsabilité dans la décrispation. Elle peut donc à la fois exiger des actions de rue et des élections apaisées. L’opposition se donne ainsi le droit d’exiger une chose et son contraire. Tellement qu’elle n’est jamais claire, elle ne peut voir de la clarté dans le discours du Chef de l’Etat. Car, personne ne comprend ce que l’opposition entend par respect de l’accord du 31 décembre. Hier, le respect de l’accord signifiait, Primature à Félix Tshilombo, Cnsa à Pierre Lumbi. Après, respect de l’accord voulait dire élections avant fin 2017. Aujourd’hui, quel en est le contenu ? Et demain quel en sera le contenu ?

L’opposition raterait le coche si, après les Usa et l’Ue, l’opposition n’appelait pas le Conseil de sécurité de l’Onu au secours. Cela explique l’appel au respect des résolutions cumulées, 2348 et 2409 du Conseil de sécurité de l’Onu. Qui l’opposition veut-elle tromper lorsqu’elle parle, par exemple, du processus électoral mené de « manière unilatérale par le camp du président joseph Kabila et basé sur la fraude ou organisé en violation des droits et libertés des citoyens ».  Une phraséologie creuse ne concordant à aucune réalité. Le comble, c’est qu’au même moment – pour tromper ses parrains occidentaux – l’opposition crie haut et fort qu’elle veut aller aux élections, elle dresse des obstacles sur ce processus. Pour que le processus électoral soit mené de façon consensuelle, que faut-il faire ? Une nouvelle Ceni ? Abandonner la Ceni pour une nouvelle structure entre opposition et majorité ? Le remplacement du seul représentant de l’Udps, est-il la manière de conduire un processus électoral consensuel ? Lorsque l’opposition parle du processus électoral conduit par le clan politique de Joseph Kabila, que veut-elle dire au clair ? A quel niveau le clan politique du Chef de l’Etat, à part ses membres à la Ceni, mène-t-il le processus électoral ? Hypocrisie et malhonnêteté

Sans moindre gène, prenant les Congolais pour des imbéciles, l’opposition congolaise salue l’implication de l’Ua. Une façon de tendre, encore une fois, la main à Paul Kagame qui, à travers son ingérence, n’a jamais caché ses ambitions interventionnistes dans la question électorale congolaise. A part cela, on ne voit pas les efforts particuliers de l’Ua que saluerait l’opposition. Tout est clair lorsque l’’opposition demande aux autres organisations, notamment sous-régionales, d’emboîter le pas à Paul Kagame. C’est pourquoi, à la Sadc, à la Cirgl, il n’est pas question de saluer leurs efforts fournis. Mais il est plutôt question de leur lancer un appel afin de « prendre toutes les dispositions pour préserver la paix et la stabilité de la Rdc et de la sous-région ». Leitmotiv du discours de Kagame dans la région. Discours qui exclut la paix en Rca. Si la paix en Rdc passerait par la protection de l’opposition en cédant à tous ses caprices, qu’en est-il de l’opposition rwandaise ?. Il y a aussi le recours au prétexte du discours va-t-en guerre de Kagame. De troubles au Congo embraseraient toute la sous-région. Que dire de ce qui se passe en Rca, au Burundi, au Congo Brazzavile, … où les crises, quelle que soit leur ampleur, sont circonscrites dans les frontières nationales ? S’il est question de craindre les réfugiés, pourquoi Paul Kagame ne va-t-il pas intervenir au Burundi et en Rca. L’Ua ne s’occupant pas seulment de la Rdc, pourquoi Kagame ne va-t-il pas intervenir au Soudan du Sud, au Cameroun au Nigeria, … ? Si c’est pour jouer à faire peur que cette opposition s’agite, elle se trompe. Mais si c’est un vrai défi lancé aux institutions nationales, on souhaite à l’opposition beaucoup de courage pour aller jusqu’au bout de son agitation. Du côté des institutions, il n’y a certes pas à s’agiter devant l’épouvantail-opposition, mais, ce n’est donc pas une raison pour le gouvernement congolais de s’habituer à l’alerte sur le loup. Il faut être prudent. Une prudence sans cesse à jour. Un adage de chez moi dit : « gana ga nyioga ugakwatela muki ».

Traduisez : « Même si vous ête en face d’un serpentau, armez-vous d’un bâton », bien solide.

Shaah Gatunda

 

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