mercredi , décembre 12 2018
Accueil / Actualités en temps réel / Kabila au peuple, Kabila au peuple

Kabila au peuple, Kabila au peuple

La traite, la colonisation, les sécessions, les agressions, les rebellions, n’ont pas eu raison du Congo. Il ne pourrait en être autrement avec des sanctions injustes. Mais surtout, la Rdc n’a pas de leçons de démocratie à recevoir de la part de ceux qui avaient tué la démocratie dans ce pays.

Le message de Joseph Kabila  à la nation tant attendu,  a eu lieu hier devant le Congrès. Une exigence constitutionnelle conformément àl’article 77. Chacun y est allé de ses attentes. Ceux qui avaient entretenu le suspens pour des raisons de leur propre positionnement sont, comme on devrait s’y a attendre, déçus. Par contre, ceux qui ont la passion pour le Congo, ceux qui ont le souci de l’indépendance de ce pays, sont sortis heureux rassurés, revigorés. Car, Joseph Kabila, dans son discours, a redonné espoir en se mettant dans la peau de Simon Kmbangu, Patrice Lumumba et de Laurent-Désiré Kabila. Tous les pères de l’indépendance ont sans doute, tressailli dans leurs tombes. Car, ils ont le juste sentiment d’être continués. Mzee Kabila, quant à lui, doit avoir eu l’écho heureux de sa recommandation : « Ne jamais trahir le Congo ».

Joseph Kabila a brossé le bilan de ses dix sept ans de gestion en remontant la comparaison des chiffres vers les années 1960.

Au plan politique, il a rappelé les années troubles, lorsqu’il arrivait au pouvoir. La première tâche était de mettre fin à la guerre, réunifier le pays, organiser les élections. Objectif largement atteint dans la mesure où le pays s’est doté des structures tant politique, administratives que sécuritaires. Il s’est doté d’une Constitution. Finalement, a rappelé Joseph Kabila, le pays a donné l’âme à la décentralisation en créant de nouvelles provinces conformément à la Constitution.

En ce qui concerne le processus électoral, le Chef de l’Etat a été catégorique. Le cap est maintenu pour les élections du 23 décembre 2018. Dans la foulée, il a réaffirmé sa volonté de respecter la Constitution pour ce faire. Il s’agit, a réaffirmé Joseph Kabila, des éléctions relevant de la souveraineté nationale. Elles seront donc totalement financées par le gouvernement congolais. Question d’éviter des conditionnements et des chantages humiliants. Et toujours, dans cette marche vers l’organisation du destin de ce pays, Joseph Kabila rejette toute ingérence. Il a clairement fait savoir que rien de tout cela, sanctions injustes et autres, ne pourront avoir raison de la détermination des Congolais. Surtout, a insisté le Chef de l’Etat, « on n’a pas des leçons de démocratie à recevoir de ceux qui ont tué la démocratie dans ce pays. Une façon, pour Joseph Kabila de renvoyer à l’histoire de ce pays. Ceux qui avaient arrêté la démocratie dans ce pays en tuant Lumumba pour finalement installer Mobutu et sa dictature de 32 ans, ont-ils vraiment des leçons de démocratie à donner ?

Au plan économique, le Chef de l’Etat a rappelé les années 1990. Toute l’économie était par terre notamment à la suite des pillages de 1992 et 1993, conséquence du réajustement politique dans des divisions et querelles intestines. Quand il prend le pouvoir en 2001, il met en place un programme économique et financier sous forme de thérapeutie,  sans l’apport extérieur. Il a réussi à arrêter la descente continuelle du pays  aux enfers en stabilisant le cadre macroéconomique. Il a augmenté le Pib, il   rehaussé le budget national en passant de quelques 300 millions de dollars Us à actuellement près de 5 milliards Us.

La libéralisation du secteur économique a permis que les privés apportent leur contribution à la production nationale. L’objectif à atteindre, la diversification de l’économie avec l’accent mis sur le secteur agricole.

En ce qui concerne le domaine des infrastructures, il a évoqué la réhabilitation des routes dont à ce jour, trois mille kilomètres des routes revêtues, quatre mille kilomètres des routes non revêtues. L’objectif, c’est de réaliser vingt sept mille kilomètres de routes.

Au plan social, Joseph Kabila, chiffres à l’appui, a relevé des améliorations notamment en ce qui concerne la mortalité tant maternelle qu’infantile.  Il a fait savoir que tout cela est la conséquence, non seulement de l’amélioration d’accès aux soins de santé, mais aussi et surtout, de la réhabilitation et la construction des hôpitaux, centres de santé et leur équipement.

Tout le monde est d’avis que le secteur énergétique est essentiel pour tout développement. C’est malheureusement, un secteur qui demande beaucoup de financement. S’y pencher, c’est attraper le taureau par les cornes. C’est ce que Joseph Kabila a fait notamment à travers la réhabilitation du barrage d’Inga, la construction du barrage de Zongo II, la Construction du barrage de Kakobola, la construction du barrage de Katende, sans oublier les centrales hydrauliques construites par  l’Etat ou par les privés. Tous ces barrages dont la construction est terminée,  sont aujourd’hui dans la phase de la   construction des lignes de transport d’énergie.

Dans le domaine scolaire et académique, le Chef de l’Etat a relevé les progrès enregistrés notamment dans l’accroissement du nombre d’enfants solarisés, dans la construction et la réhabilitation des écoles et universités selon la philosophie de la Révolution de la modernité.

Dans l’ensemble, il a présenté un bilan positif. N’en déplaise à ceux qui ne voient que ce qui n’est pas fait et ne voient pas ce qui est fait, a fait remarquer Joseph Kabila. Une façon pour lui de reconnaître que même si beaucoup de choses ont été réalisées, il en reste encore beaucoup à faire.

Joseph Kabila a tout dit. Dans une certaine opinion, tout en exigeant le respect de la Constitution, on s’attendait à ce qu’il viole l’indépendance de la Ceni en donnant un avis sur la machine à voter. Cette possibilité de voir Kabila remettre en cause la machine à voter,   était attendue, non  parce que cette partie de la classe politique croit réellement à la dangerosité de la machine à voter, mais parce que cette question  présente une opportunité pour empêcher la tenue des élections. Car, remettre  en cause la machine à voter, c’est hypothéquer la tenue des élections le 23 décembre 2018. Il ne s’agit pas seulement de tenir le calendrier en imprimant les bulletins dans la période prévue, mais surtout, il faut tenir compte du coût de cette impression, de la contrainte dans l’impression et le déploiement de ces bulletins considérés comme materiel sensible. Cela suppose plus d’avions pour déployer ce matériel  partout au même moment et en temps record. La machine à voter élimine cette contraint.      En plus, sauf si  on est insouciant à ce point, l’argent versé dans la commande des machines serait jeté par la fenêtre. Il faudra trouver autres fonds pour remplacer, sans oublier un possible procès avec la  firme sud-coréenne.

Il y’en a qui attendaient que dans son message, Joseph Kabila fasse redondance à la Constitution en déclarant qu’il ne sera ou ilne sera pas candidat pour un troisième mandat. D’autres attendaient même qu’il se substitue à sa famille politique pour désigner un dauphin. Evidement, il n’était pas question que Joseph Kabila satisfasse à ces attentes. Raison de la tension que le Chef de l’Etat a observée dans la salle. Il a commencé par détendre l’atmosphère au grand désarroi de ceux qui attendaient qu’il dise : « comprenez mon émotion ». Il a plutôt servi ceux qui attendaient voir, sentir et dire : « comprennez ma passion pour leCongo ». Un discours d’anthologie qui entre dans les annales des discours de Simon Kimbangu, Patrice-Emery Lumumba, Mzee Kabila,Thomas Sankara, …

SG

Voir aussi

Cnsa : la tripartite qui accouche d’une souris

L’opposition congolaise a une grande capacité d’oubli. Une capacité tellement grande que souvent, tout vire …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *