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G7 recrute, Munene disparaît, Mbusa Nyamwisi se fait Fantomas

Faustin Munene, ancien chef d’Etat-major des Forces arméescongolaises (Fac), ancien vice-ministre de l’Intérieur, ancien chancelier des Ordres nationaux, avait quitté le pays incognito au moment où il devrait répondre à la justice des faits lui reprochés. Depuis lors, il vit au Congo Brazzaville. Pendant son jour à Brazzaville, il était fait écho des activités politiques de nature à perturber la paix en Rdc. Il avait publiquement déclaré sa volonté de renverser Joseph Kabila. Les autorités de Brazzaville qui devraient, en toute logique, le remmettre à la justice congolaise, avaient à l’époque agi, selon elles, au nom de la jurisprudence, en évoquant le cas de Pierre Mulele. Ce dernier, avaient rappelé autorités de Brazzaville, avait été extradé après que les dirigeants zaïrois aient donné des assurances qu’il ne lui arriverait rien de fâcheux. Mulele avait été tué. Brazzaville voulait, estimait-il, éviter la répétition de l’histoire. Un vrai faux prétexte. Mais Kinshasa, faisant bon cœur contre mauvaise fortune, ne pouvait que compter sur la bonne foi de Brazzaville d’empêcher que Munene ne mène pas des activités de déstabilisation de la Rdc.
Lorsque Faustin Munene a commencé à s’agiter, Kinshasa s’est plaint et Brazzaville avait décidé de l’envoyer à Pointe-Noire. Dépuis quelques heures, il nous revient que l’ex général est introuvable au Congo Brazzaville. Son téléphone, depuis plus d’une semaine ne répond plus. Sa famille n’arrive plus à le joindre et n’aurait plus de ses nouvelles. Il semblerait, selon les informations données par sa familles dans les médias périphériques, l’ex-général aurait pris le chemin du Gabon. Sa famille se demande comment pouvait-il voyager pour le Gabon, lui qui n’aurait même pas de quoi se payer un taxi pour se déplacer au Congo. Comment a-t-il pu quitter le Congo Brazzaville, incognito ? En 2012, les confrères de Jeune Afrique titraient : « RDC-Congo : une épine nommée Faustin Munene ».
Tant que cette épine n’était pas extrait, il y avait de quoi craindre pour les relations entre les deux pays. Ce qu’on craignait est-il en train de se produire ? Pour comprendre pourquoi Kinshasa voulait que Brazzaville coopère, il faut lire cet article de Jeune Afrique datant de septembre 2012 :
« Le cas du général Faustin Munene, actuellement réfugié au Congo-Brazzaville, a été longuement débattu lors d’un dîner en tête à tête entre Joseph Kabila et Denis Sassou Nguesso, le 12 septembre dernier.
Le cas du général Faustin Munene, l’ancien chef d’état-major des Forces armées de la RDC en fuite au Congo-Brazzaville depuis deux ans et condamné par contumace à la prison à vie dans son pays par un tribunal militaire pour « complot contre la sécurité de l’État », a été l’un des principaux sujets abordés par le président Joseph Kabila lors de son dîner en tête à tête avec Denis Sassou Nguesso, dans la résidence de ce dernier, à Oyo, le 12 septembre.
La demande d’extradition de Munene a en effet été réitérée avec insistance par les dirigeants de Kinshasa, il y a deux mois, après l’appel à renverser Kabila par les armes lancé par le général sur les ondes de RFI. Très embarrassées, les autorités de Brazzaville ont aussitôt rappelé Munene de son exil d’Ewala, dans la cuvette ouest, pour le placer sous bonne garde dans une cellule de la DGST, où il se trouve toujours. Ses proches, qui redoutent que les pressions de Kinshasa ne finissent par aboutir, ont saisi la Croix-Rouge internationale et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Le chef de l’État congolais s’est jusqu’ici toujours refusé à envisager l’hypothèse d’une extradition ».
Le danger que représentait l’ancien général congolais était réel. S’il y a lieu de ne pas épiloguer là-dessus, on peut cependant se demander pourquoi Munene disparaît aujourd’hui ? Etait-ce, pour Brazzaville, le moment de relâcher la surveillance ? Car, il ne faut pas être sorcier pour comprendre que de la part d’une opposition prête à faire feu de tout bois, même sans en avoir les capacités, Munene était une béquille espérée. Il était au centre des sollicitations. Car, l’homme ne ratait aucune occasion de vanter ses « prouesses » militaires au point de faire rêver ceux qui, depuis un certain temps sont en train de recruter des mercenaires pour le plan B.
Il n’y a pas longtemps, nous avions lancé l’alerte sur ce qui se préparait au Grand Nord où Mbusa Nyamwisi est « présent-absent »,un vrai « homme invisible ». Moins d’une semaine après, nous avions connu le drame qui a frappé les casques bleus tanzaniens.
Il n’est pas exclu que le projet de réunifier, de donner une ligne politique claire aux Maï-MaÏ, soit lié au recrutement de Faustin Munene. C’est tout ce qu’il peut faire, rejoindre le mouvement au Kivu. Ce qui ne sera pas une promenade de santé. A moins que Faustin Munnene choisisse la voie suicidaire d’ouvrir un front à l’ouest. Il n’est pas exclu que Faustin Munene soit intégré dans le projet de « faire peur » afin d’obliger Kinshasa àprendre des mesures allant dans le sens des vœux et de l’Occident et de l’opposition congolaise. Munene est dans la position de mordre à tout, même si sesrecruteurs avaient oublié de l’alligner pami les exilés « emblématiques ».
La Colombe

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