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Fpi, le retour à l’orthodoxie de gestion dérange, mais le comité Kitebi reste droit dans ses bottes

Curieux.  Voire ahurissant. En Rdc, lorsqu’une entreprise bat de l’aile, ses dirigeants  ont la paix. On dirait que l’état normal d’une entreprise, d’un service, d’un établissement, publics, c’est de mal tourner, c’est d’être en faillite entretenue. Lorsque, par bonheur, un manager sort de l’ordinaire pour faire d’une entreprise ou d’un établissement, publics, une unité de production en réalisant sa vraie mission sociale,il est homme à abattre. L’entreprise elle-même devient le centre de convoitise. C’est facile à comprendre. Une entreprise qui ne marche pas devient à souhait une mangeoire. La réorganiser, c’est retirer le bifteck à la bouche de certains. C’est ce qui arrive au Fond de promotion industrielle (Fpi).

 Comme on devrait s’y attendre, le Fpi a défrayé la chronique. Surtout après le rapport parlementaire au sujet des crédits accordés par complaisance,  et donc jamais remboursés pour des travaux jamais réalisés  ou encore des crédits jamais décaissés, des crédits accordés aux insolvables, …le bol était plein. Trop plein. Le Chef de l’Etat a nommé une nouvelle équipe à la tête de cette entreprise porteuse d’espoir de développement de la Rdc. Après le temps d’observation, le temps que cette équipe montre patte blanche, les signaux ont viré du rouge au vert. Très rapidement. On s’attendait à ce que ceux qui critiquaient, non sans véhémence, la gestion Mbengele, applaudissent de deux mains et pourquoi pas aussi de deux pieds. Au lieu de cela, c’est aux critiques de la bonne gestion que l’on assiste.

Quid de 90 agents engagés ?

Il se raconte et les documents sont distribués, notamment aux médias,pour farder la vérité et répandre, à tout vent le bruit selon lequel, le comitéKitebi qui dirige actuellement le Fpi, aurait amené avec lui, un grand nombre d’agents venus pour chasser  ceux qui étaient en place. On assisterait donc, selon ces allégations, à des licenciements qui auraient l’heur de règlement des comptes. Nous sommes allés vérifier les faits. La vérité est tout autre. La direction générale de Fpi a accepté aimablement  de nous fournir des informations. C’est suffisant pour  éclairer notre lanterne. Nous avons retenu de cet entretien qu’effectivement,  le comité Kitebi  avait procédé au recrutement,  dès sa prise des fonctions, de quelques agents. Ce qu’on ne dit pas, c’est qu’il s’agit des agents trouvés sur place, recrutés par l’ancien comité et employés sous contrat par l’ancien comité. Ces agents, pour la plupart, si pas tous, avaient œuvré pendant deux ans, voire trois ans sous ce statut de temporaire. Ce qui viole la loi en matière d’emplois. « Le contrat à durée déterminée ne peut excéder deux… » (article 41). En conséquence, quiconque se trouve dans cette situation doit être automatiquement engagé, recevoir un contrat définitif. En accordant à ces agents un contrat définitif, non seulement le comité Kitebi a affiché ses dispositions au respect de la loi,  mais aussi à ne régler des comptes à personne. Surtout, lorsqu’on sait que les temporaires étaient d’une manière ou d’une autre, liés au comité Mbengele. Au lieu de les renvoyer après avoir rendu service à Fpi, les uns pendant deux ans, les autres plus, la direction de l’entreprise les a engagés. Ceux qui n’avaient pas élevé la moindre voix pour dénoncer cette violation de la loi en matière des contrats temporaires, sont ceux qui, aujourd’hui, remuent ciel et terre pour rendre on ne sait quelle justice, à qui, contre qui. Il est également établi qu’avant de rendre le tablier,  l’ancien comité de gestion du Fpi avait régularisé une vingtaine de ces 52 de ces casd’agents temporaires, laissant une autre partie à son triste sort.

Désordre entretenu

Le désordre dans la gestion  était flagrant. Le comité actuel était obligé d’agir. C’était la seule façon d’attendre dupersonnel un travail de qualité. Pour illustrer ce désordre, dans toute l’entreprise, on cite le cas flagrant  du bureaude Aru où, on avait vu un chauffeur assumer l’intérim d’un sous-directeur. En effet, le bureau avait pour personnel,  un agent de cadre, un chauffeur et trois agents temporaires, tous les trois, des universitaires. Lorsque le cadre était appelé à Kinshasa pour participer à un séminaire, c’est le chauffeur qui assumait l’intérim de chef d’agence.

Lorsqu’on parle de 90 agents recrutés par la nouvelle direction de Fpi, sans  préciser  que 52 de ces temporaires étaient recrutés par  l’ancien comité, on s’accuse. On donne la preuve que l’on n’est pas digne de confiance. Retirez ces 52 temporaires, l’accusation, l’allégation d’engagement massif tombe.  Car, il ne reste sur la prétendue liste de 90 agents recrutés, que quelques agents, une trentaine,  juste des agents essentiels auprès des différents membres du comité. Des agents qui n’avaient pas vocation  à prendre les postes des autres.

Licenciement-règlement des comptes ?

Les entreprises de l’Etat sont souvent utilisées comme de petits « ligablos » familiaux. Une fois nommé, on y engage tous les membres de famille, du clan du village, du territoire, de la province, pourquoi pas aussi du parti politique, à la recherche du travail, parfois sans qualification, sans compétence, connues. C’est le gros du lot dont a hérité le comité actuel du Fpi. Et  comité de gestion avait le choix, ou laisser les choses en place, par conséquent passer à côté des résultats attendus et trahir ainsi la confiance que le Chef de l’Etat a placé en ce comité, ou prendre le taureau par les cornes en mettant de l’ordre dans le personnel. Quitte à ce que les sans ambitions, ceux qui pensent qu’il n’y aurait plus rien à faire pour faire jouer au Fpi le rôle que la nation attend de lui, aillent se faire pendre. C’est le parti que le comité actuel a pris. Le tout dans le strict respect de la loi. C’est pour dire qu’effectivement, le comité Kitebi a licencié des agents. Mais, il ne s’agit que des faussaires. Parmi eux, un fils de l’ancien Dg de Fpi. D’aucuns y verraient un règlement des comptes. Lesquels ? Contre qui ?  On n’a pas des comptes à régler à un prédécesseur dans un établissent de l’Etat. Car, celui qui nomme destitue qui il veut, sans demander l’avis du prédécesseur ou du successeur. Si le fils Mbengele était frappé, c’est selon la direction duFpi, à la suite du contrôle des diplômes. La preuve qu’il n’y a pas eu règlement des comptes, c’est qu’un autre fils de l’ancien Dg dont le titre académique était certifié, continue à travailler au Fpi, sans être dérangé. S’il s’avère que les faussaires se recruteraient dans l’entourage de l’ancienne direction, c’est la preuve, une de plus qu’il y avait non seulement favoritisme, mais aussi complaisance mortelle dans le recrutement des agents. Il n’y a pas pareil avec la nouvelle direction.  Pourquoi donc, ceux qui crient au scandale aujourd’hui, n’avaient-ils pas à l’époque, dénoncé ce vrai crime contre le Fpi ?

Crédits et subventions de complaisance ?

Dans la tête de beaucoup de gens, il y a une vraie confusion lorsqu’on évoque les méfaits en rapport avec l’octroi des crédits par le Fpi . En effet, lorsqu’on en parle, c’est souvent en rapport avec le rapport de la commission d’enquête parlementaire. Un rapport qui avait défrayé la chronique en 2015,  bien avant l’avènement du comité de gestion actuel. Un éventail  des prêts accordés à la pelle dont  près de 1/3 sur des projets non réalisés, avec au moins 150 millions de Usd à recouvrer, 35 millions de prêts complémentaires, une escroquerie organisée. Ceux qui avaient bénéficié de cette maffia ont le kilo de vouloir même empêcher l’actuel comité de gestion de voir clair dans ces prêts complémentaires et autres. On l’accuse d’auditer, comme si l’audit interne dans un établissement était interdit. Cette audace a été poussée très loin jusqu’à adresser une lettre à l’autorité, une lettre sous forme de pamphlet contre le comité de gestion actuel dont la mission est justement de sortir le Fpi du gouffre.

Heureusement, conscients de leur mission et des attentes du Chef de l’Etat quant au rôle que doit jouer le Fpi dans l’industrialisation de la Rdc, les dirigeants actuels restent droits dans leurs bottes. Cela passe par l’assainissement de la gestion du Fpi. Par conséquent, pas de crédits à la pelle. Pour que les gens ne reçoivent pas de l’argent pour en faire autre chose que le projet présenté, le Fpi paie désormais directement  les fournisseurs, sauf dans des rarissimes cas où il n’y aurait pas de fournisseurs. « Seul, le sentiment de travail bien fait nous anime ». C’est le crédo, c’est la profession de foi des dirigeants actuels du Fpi. Le clientélisme de jadis a cédé la place à l’octroi des crédits réels, à réalisation réelle et effective pour un un impact réel.

En ce qui concerne la subvention, c’est dans les prérogatives du Fpi. Car, le Fpi n’est pas une banque des crédits pour les crédits. Cette entreprise a été voulue comme le creuset du développement industriel voire du développement tout court. Ainsi, suventionner une infrastructure routière,comme c’est le cas au Maniema pour donner accès à une cimenterie, projet financé par le Fpi,  une usine,  entre dans ses missions. Le Fpi peut également financer, si telle est la décision du gouvernement, des études de faisabilité d’un projet et pourquoi pas aussi, financer un voyage d’études, … Tout dépend des opportunités, des projets, des objectifs et des résultats à atteindre.

C’est ici que le Fpi s’inscrit parfaitement dans ce qui est cher au Chef de l’Etat, Joseph Kabila, à savoir, la « Révolution de la modernité ».

La Colombe

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