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Félix Tshilombo a enterré l’accord de la Saint Sylvestre

Le président nouvellement élu de l’Udps doit avoir fini l’ivresse d’un meeting, soi-disant réussi. Un meeting ordinaire à la place ordinaire sur un mouchoir de poche qui s’appelle « place Sainte Thérèse », dans la commune de N’Djili à l’Est de Kinshasa. Le grand gagnant de ce meeting aura été le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta. Il a démontré que tant que les organisateurs des manifestations se plieront à l’exigence de l’ordre public, il n’y aura péril dans la demeure pour personne. Il en a toujours été ainsi lorsque les organisateurs de la marche n’étaient pas motivés pour autre chose que l’expression démocratique. L’Udps n’est pas à son premier meeting non réprimé.

Beaucoup de considérations sont à prendre en compte pour justifier le bon comportement de la police. D’abord, peronne parmi les militants qui ont accompagné le cortège de Félix Tshilombo ou qui se sont donné rendez-vous à N’Djili, n’a provoqué la police. Cette dernière n’avait donc aucune raison de rétablir un ordre non troublé. Et pourquoi ce civisme tardif des militants de l’Udps ?

La raison de ce comportement n’est pas à chercher loin. Félix Tshilombo venait d’êre porté à la tête de l’Udps. Jusque-là, tout se passait dans les médias. Il avait énomément besoin de prendre la température autour de lui. Il avait également un besoin politique de jogger sa popularité. Pour ce faire, Félix Tshilombo s’est fait calculateur. Il a choisi la place Sainte Thère où il est difficile d’évaluer le nombre des participants. Les militants débout gardent une grande distance entre eux et peuvent facilement donner l’impression d’une grande foule. En plus, la place Sainte Thérèse n’est plus ce qu’elle était jadis. Il n’en reste plus que l’espace de deux petits terrains de football. Le mérite, c’est qu’à l’opposition très peu sont les partis politiques capables de mobiliser autant. La foule, c’est apparemment l’enjeu de ce meeting. Le contenu, personne ne semble en tenir compte. Le contraire nous aurait étonné. Car personne ne s’attendait à autre chose qu’à dérouler le même disque sous le rythme monotone des répétions dans une confusion inacceptable. Rien de neuf. Félix Tshilombo a démenti, sans convaincre sur ce qu’il appelle une rumeur. Et pourtant, aucun esprit attentif ne peut ne pas sentir la demande pressante de Félix Tshilombo d’avoir la Primature. Le refrain, on le connaît, c’est l’application de l’accord de la Saint Sylvestre. En héritant de l’Udps, on le voit, Félix Tshilombo a hérité de toutes les pratiques courantes à l’Udps, notamment les revirements spectaculaires. Dressez le palmarès des rendez-vous négociés et dénoncés en dernière minute par l’Udps. Pour ne pas remonter jusau’au déluge, rappelons l’accord de Gbadolite, l’entente de Ionda, l’entente de N’Sele en prévision du Conclave du Palais de la Nation, Accord du Palais de marbre 1, Accord du Palais de marbre 2, Concertations du Palais du peuple, Ibisa, Hôtel Raphaël,…La liste n’est pas exhaustive. Qui peut s’étonner de voir Félix Tshilombo retourner casaque au sujet d’une affaire de la Primature à prendre, à négocier. L’argumentaire de FélixTshilombo pour nier son besoin d’avoir la Primature, à condition qu’elle lui soit offerte par la Cenco, conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre. Outre le fait que la Cenco avait terminé sa mission de bons offices et déposé son rapport au Chef de l’Etat, il n’est mentionné nulle part que la Cenco aurait un rôle à jouer dans la gestion des institutions de l’Etat. Il semble que lorsqu’on se consacre à gagner la présidentielle, on ne peut pas être Premier ministre ! Si telle la compréhension à l’Udps, il fallait y penser avant de courir derrière « l’application de l’Accord » et faire des misères à Bruno Tshibala.

Le nouveau leader de l’Udps s’est dit prêt à aller aux élections et a accepté sa désignation comme candidat de son parti politique à la présidentielle. Mais, il rejette le fichier électoral et la « machine à voter ». Voilà bien une curieuse façon d’aller aux élections, de s’y préparer ! Apparemment, le leader de l’Udps rêve d’une occasion de bloquer le processus électoral. Et lorsque ce moment sera là, il lui sera facile de monter sur les toits pour dire : « nous étions prêts à aller aux élections, mais on ne nous les a pas offertes ». Solution, retour à la case départ. Négociations et au finish une nouvelle transition. La lutte pour la Primature sera engagée. Comme quoi, chassez le naturel, il revient au galop. Cette fois, les élections auront lieu sans se soumettre aux fatwas de Félix Tshilombo. Ce sera peut-être, un héritage, « le boycott des élections ». Même, à ce sujet, Félix Tshilombo devra aller jusqu’au bout. En 2006, l’Udps avait boycotté les élections qui ont eu lieu malgré tout. Ce sera le cas cette fois. « Il n’y a rien comme dialogue avec la MP pour une quelconque primature. Le congrès m’a élu pour être candidat président. Alors comment vous me rabaissez à la primature ? Conduisez-moi à la victoire finale lors de la présidentielle ».

A quelles élections ? Avec quel fichierr ? Celui qu’il accuse d’être bourré de personnes fictives ? Sans « machine à voter » ? Il y a plus de rêve que de vérité, de gesticulations que de dialectique, dans le discours du président national de l’Udps.

Au même moment qu’il rejette tout ce que la Ceni fait, il envisage d’y envoyer un délégué en remplacement de Kalamba, actuel Rapporteur de cette centrale électorale. Quelle mission Félix Tshilombo va-t-il confier au délégué voir remplacer Jean-Pierre Kalamba ? Ce ne sera sans doute pas une mission pour renforcer la cohésion au sein de la Ceni avec un rapporteur capable de malices politicinnes capables de discréditer la Ceni.

Au moment où il renonce à l’accord en renonçant à la primature confiée à l’Udps, Félix Tshilombo pense que l’accord existe encore dans certaines de ses clauses. Des clauses choisies. C’est le cas de la décrispation. Même sans y croire, FélixTshilombo a demandé la libération des prisonniers, le retour des exilés, particulièrement Moïse Katumbi. Quelle hypocrisie ! Tout le monde sait que s’il y a des Congolais qui prient pour que Katumbi ne sortent jamais de ses ennuis judiciaires, FélixTshilombo occupe la tête de la liste. Personne ne le blâmerait pour cela. Il n’y a pas de place pour deux lions dans un marigot.

On sait qu’en sortant de chez lui pour aller au meeting à N’Djili, le leader de l’Udps avait la peur dans le ventre, notamment en voyant le dispositif policier autour de lui. Il pensait qu’en tout moment, les choses pouvaient se gâter. Se rendant compte enfin que la présence policière n’était que dissuasive, il a poussé un vrai ouf de soulagement. Car il avait plus à craindre un coup qui viendrait de son camp que de la majorité pour qui, la sortie de Tshilombo n’était pas un événement. Par contre, dans le cadre de « je t’aime moi non plus », il n’y avait pas de cadeaux à recevoir de ses pairs de l’opposition. Il pouvait être question de déclasser un adversaire politique soit de s’en servir pour nuire au pouvoir en place. Imaginez qu’un katumbiste s’en prenne à Tshilombo ! C’est au gouvernement qu’on demanderait des comptes. Et pourtant, le crime profiterait à Katumbi. Que Tshilombo ait félicité la police nationale d’avoir été à la hauteur de sa tâche, ce soulagement est plus que profond. Est-il du goût de ses adversaires dans le clan ? Bref, une sortie manquée.

La Colombe

 

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