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Cnsa : la tripartite qui accouche d’une souris

L’opposition congolaise a une grande capacité d’oubli. Une capacité tellement grande que souvent, tout vire vers l’irresponabilité. Vers l’insouciance qui fait de la vie politique en Rdc, une vraie comédie. Lorsqu’on avait entendu le discours développé contre le Cnsa et le gouvernement Tshibala, on s’attendait à ce que l’opposition qui s’est mise hors des ces institutions, n’attende rien d’elles. Car l’opposition qui avait accepté de gérer ensemble avec la Mp était considérée comme une fausse opposition. La vraie opposition étant celle du Rassemblement/Limete.

Récupération de la tripartite

Quel étonnement, lorsque cette opposition dite fausse fait front commun avec la Mp au sein du Fcc, d’entendre des remarques du genre : « avec la création du Fcc, non seulement le gouvernement est devenu monocolore, mais aussi et surtout, l’accord de la Saint Sylvestre serait liquidé ». C’est comme pour dire que l’opposition/Limete reconnaît que l’accord était d’application avec la mise en place du gouvernement Tshibala et le Cnsa/Olenghankoy. Surtout, on croirait que le Rassemblment/Kasa-Vubu représenterait désormais valablement toute l’opposition en Rdc. Quel revirement ! Si tel n’est pas encore l’entendement général, alors, il y a lieu de ne plus s’attarder sur les revendications de cette oposition qui n’ont rien de pensé, de solide. Car, elle reconnaît parfois, si pas toujours, sans transition, ce qu’elle avait peu de temps avant, combattu avec toute l’énergie jusqu’au point de mettre le pays à feu et à sang.

C’est le cas de la désignation de Joseph Olenghankoy au poste de président du Cnsa. Pour l’opposition de Limete, c’était un péché mortel Olenghankoy que de vêtir un poste taillé sur mesure pour feu Etienne Tshisekedi. Olenghankoy était donc considéré comme un mécréant. Ainsi donc, la fatwa qui le frappait était sans pitié. Il en était de même de Bruno Tshibala, considéré comme un non héritier du trône-Primature, destinée à une famille depuis 1990. Par conséquent, quiconque osait briguer cette Primature, était banni. Lunda Bululu, Mulumba Lukoji, Mungul-Diaka, Nguz Karl-I-Bond, Faustin Birindwa, Kengo wa Dondo, Likulia Bolongo . C’était des ennemis du peuple pour avoir usurpé le trône familial. On pensait avoir tourné la page en tournant la page Mobutu. Mais, hélas ! Chassez le naturel, il revient au galop. On a beau crier au changement, mais on est installé dans le statu-quo. C’est pour dire que les défauts décriés chez les autres sont nos propres qualités. Bruno Tshibala subit aujourd’hui la sharia udpsienne.

On constate donc que la tripartite sur laquelle on a semblé se reposer pour régler des comptes au processus électoral, est pourtant composée des « mécréants », des bannis. Ce que le président du Conseil national de suivi de l’accord du 31 décembre 2016 (CNSA), Joseph Olenghankoy, avait bien compris. Il a fait, lui aussi, de cette tripartite, une opportunité de se purifier de ses péchés.

La bonne manière de le faire, c’est de plaider pour un consensus politique autour de la machine à voter. A l’ouverture, jeudi 5 juillet à Kinshasa, de la tripartite CNSA-CENI-Gouvernement, Olenghankoy a invité tous les participants à ces assises « à proposer des solutions à tous les problèmes par lui évoqués. Une façon de dire que le Cnsa aurait le pouvoir de s’ingérer ou de faire ingérer tout le monde à tout. C’est la raison pour laquelle figuraient à l’ordre du jour de cette tripartite, les sujets relevant de l’indépendance de la Ceni. C’est le cas de la machine à voter. Le Cnsa a inscrit la machine à voter à l’ordre du jour de la tripartite afin de faire la passe à une frange de l’opposition qui la rejette pour des raisons jamais expliquées. Tout se passe comme si, ce sont les autres qui ont mission de convaincre l’opposition en tout et pour tout. Cette dernière, l’opposition donc, se confondant au peuple, à la population, auraient des revendications souveraines, indiscutables. Le fond de commerce de cette tripartite, c’est décrispation comprise comme la libération des politiciens prisonniers abusivement appelés prisonniers politiques, l’abandon des poursuites judiciaires engagées contre des politiciens délinquants… Le reste, c’est l’haillage. Même le remboursement de la caution est devenu, comme par enchantement, une recommandation du dialogue du Centre interdiocésain pour faire objet de suivi par le Cnsa. « Les participants aux présentes assises sont appelés à examiner et proposer des solutions à notre peuple. L’absence du consensus politique autour de la machine à voter, l’existence des 16% d’enrôlés sans empreintes digitales, non libération de certains prisonniers d’opinions et amnistiés, le règlement non satisfaisant de la caution payée depuis 2015 pour des élections législatives provinciales »…a crié haut et fort Olenghankoy. Plus grave, Joseph Olenghankoy a fait du rapatriement de la dépouille mortelle de Etienne Tshisekedi, une question politique liée au processus électoral. C’est encore un pied de grue devant l’opinion udpsienne. Car, si celle-ci absout les péchés de Joseph Olenghankoy, ce dernier pourra se voir réhabilité. C’est un gros souci pour le leader des Fonus. La cerise sur le gâteau, on le sait, le ministre Emery Okundji, issu des Fonus, n’a pas signé la charte du Fcc. Le faire serait empêcher activement la réhabilitation de Olenghankoy dans l’opinion de l’opposition. C’est visiblement le but à atteindre par le leader des Fonus. Sera-t-il entendu ? Il risque d’être simplement un héros malheureux, un « non chaud ni froid. Un tiède dont le sort, c’est rejet. Pas étonnant que cette tripartite, question de vie ou de mort pour Olenghankoy, soit une montagne qui   accouche d’une souris.

LC

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