mercredi , décembre 12 2018
Accueil / Actualités en temps réel / LA CENCO : continuer à s’agiter ou demander pardon

LA CENCO : continuer à s’agiter ou demander pardon

Depuis samedi 25 novembre 2017, la CENCO a commencé  dans les paroisses de Kinshasa des actions de mobilisation politicienne des chrétiens catholiques  autour du slogan « Mettons-nous debout » au regard de la marche du pays.

 

En réagissant à cet excès de pédantisme zélé des pères spirituels de quelques chrétiens congolais, nous aurions souhaité que les évêques membres de la CENCO retiennent et se rappellent qu’au regard de l’histoire de l’Eglise catholique du Congo,ils devraient réfléchir par deux fois avant de se targuer en donneuse de leçon politique et de modèle à imiter. Et pour cause :

  1. Le concordat de Worms de 1882, encore de mise, a assigné à l’Eglise catholique à travers le Vatican, des missions.
  2. La Trinité coloniale (Etat-Sociétés-Missions), les assassinats de Kimpavita, de Kimbangu et de Lumumba ; les dénonciations des atrocités des hommes de Léopolod
  3. II au Congo par Edmond Morel et  les Eglises Protestantes,
  4. Les tristes souvenirs du massacre des chrétiens et autres congolais tombés le 16 février 1992 en réponse au même genre d’appel de l’intifada religieux par les mêmes auteurs. Le massacre perpétré, ces derniers et leur fameux CALCC n’étaient ni au chevet des blessés ni aux obsèques des victimes.
  5. Nous avons encore frais dans nos mémoires l’échec de la Conférence Nationale Souveraine avec sa 3ème voie ; les souvenirs  de la désertion de la CENCO des assises de la cité de l’OUA et de la demande lui adressée, sans aucun écrit,  par le Chef de l’Etat en 2016 pour rendre plus inclusif l’accord qui en a découlé, elle qui prétendait détenir le secret  de l’inclusivité des politiciens congolais. On sait comment elle rendait le tablier il y a quelques mois après avoir produit un autre accord, celui de la saint Sylvestre que personne n’attendait logiquement, en déclarant nous avons tout fait sauf 2%.
  6. Si les nombreux chrétiens font de ces évêques des pères spirituels et inondent leurs prêches, c’est au nom de Jésus Chris et rien de plus. Et si en matière de spiritualité, la CENCO par ses évêques a l’imperium, il n’en est pas autant pour les sciences profanes et surtout l’exercice de la politique.

 

Les chrétiens catholiques n’ont pas oublié l’appel du Saint Père aux évêques congolais pendant qu’il clôturait  en 2016 l’année de la miséricorde « soyez des ponts et non des murs » dans la recherche de solution aux problèmes politiques de votre pays.

L’accord de la cité de l’OUA, signé et remis au Chef de l’Etat, a-t-on vu Eden Kodjo retourné au Congo veiller sur l’exécution de ce dernier ? Mais depuis la signature de l’accord de la saint Sylvestre,  et foulant au pied l’appel du saint Père, la CENCO  est devenue juge, partie et sentinelle de celui-ci par ses agitations d’orienteur politique et de censeur des dirigeants. Et là nos inquiétudes :

  • la CENCO n’est-elle pas contrainte par quelques barons de ce monde à justifier quelques énormes sommes lui versées pour embraser le pays au cas où les élections ne se tenaient pas en décembre 2017 maintenant que le calendrier électoral les a repoussées pour 2018 ?
  • Certains de ses évêques ont effectué des voyages en Belgique, en Suisse et partout encore. Des voyages aussi coûteux et prolongés, pouvaient-ils être supportés par les offrandes des chrétiens et l’assistance bien dosée du Vatican ? Si tel était le cas, on ne les aurait pas rencontrés au crépuscule de la crise congolaise à l’Ile de Gorée au Sénégal, autour de Reynders en Belgique et en Suisse pour des motifs peu pastoraux.
  • Voici le calendrier électoral que tout le monde attendait. A peine publié, la CENCO prédit déjà l’incertitude quant à sa réalisation et a déjà invité ses chrétiens à se prendre en charge par des agissements qui frisent le bruit nocturne et diurne en mettant à contribution radio, télévision, tract et offices religieux. Diffamation et calomnie,  ne constituent-elles pas de péchés que condamne le Commandement de Dieu au même titre que  les tapages nocturnes et diurnes condamnés par les lois humaines ? Les activités de la CENCO, ne concernent-elles ou ne se limitent-elles seulement qu’à  la ville de Kinshasa ?
  • Noël qui pointe à l’horizon est une fête universelle de la paix et del’amour. Comment des évêques qui se disent pères spirituels, peuvent-ils tomber si bas en entachant toute la période de préparation à cette fête universelle, par l’appel des fidèles aux agissements qui ne riment à rien avec la paix, l’amour ? Finalement, la CENCO demeure-t-elle encore la structure spirituelle d’orientation œuvrant au nom du Christ ou est-elle devenue un parti politique kinois des évêques de l’Eglise catholique de Kinshasa se servant du CALCC pour camoufler leurs pratiques politiques ?

 

Pour notre part, que la CENCO dénonce les maux, bravo ! Mais qu’elle se substitue en lieu et place des politiciens, des partis politiques, quelle mauvaise lecture de la parabole du Christ aux pharisiens « à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » ? Pire que cela, qu’elle considère les préoccupations des individus évêques et de quelques opposants du CALCC comme étant celles de l’Eglise Catholique du Congo, quelle malhonnêteté ? Par contre, ce qu’elle peut faire parce que convaincue de se battre pour les chrétiens congolais, c’est :

1-D’imiter le pape Jean Paul II de s’être rendu au mur de lamentation à Jéricho demander pardon au nom des chrétiens du monde entier. Ici, la CENCO adresserait son pardon au peuple congolais pour tant des crimes commis par elle consciemment ou  non. L’histoire les a brièvement rappelés plus haut.

 

  • Comme dans ce pays, la meilleure confession religieuse qui vaille, qui peut mobiliser les chrétiens par ses tracts, c’est l’Eglise catholique ; comme tous les chrétiens sans considération de confessions religieuses, peuvent lui obéir aveuglément, elle n’a qu’à  demander aux 45 millions de Congolais déjà enrôlés et aux 20 millions de nouveaux majeurs, de contribuer  chacun à partir de janvier  à septembre 2018 pour 5$US chaque mois, soit 5$USx65millions d’habitants x9mois. Le montant de 2.925.000.000$US ainsi perçu permettra à la CENI d’organiser  en toute indépendance des élections libres, transparentes et apaisées.

 

Voici donc trois opérations que la CENCO peut lancer et réussir sans casses, sans subsides et sans chercher à se justifier auprès d’une quelconque instance. C’est là pensons-nous, que se situe la mission de l’Eglise au milieu du village. Elle aura constamment autant d’adeptes, peu de dissidents.

 

Richard de LaRoche

 

Voir aussi

Cnsa : la tripartite qui accouche d’une souris

L’opposition congolaise a une grande capacité d’oubli. Une capacité tellement grande que souvent, tout vire …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *